Par Nataly St-Gelais nataly@sportsjuniors.com
On va mettre le nationalisme de côté, mais il y a des choses qu'il faut constater au sein "d' Équipe Canada". Tout d'abord, ce ne sera une surprise pour personne, les francos ne sont pas les bienvenus. Depuis 2000, 28 joueurs issus de la LHJMQ ont percé la formation canadienne contre 78 de la Ligue de l'Ouest, 67 de la Ligue de l'Ontario et 15 provenant des universités américaines.
Il faut bien comprendre que les entraîneurs tentent de composer une équipe qui saura former un noyau solide rapidement. En mettant des joueurs en provenance d'une même ligue ensemble, il sera probablement plus facile de créer cette chimie. Mais cela ne devrait pas empêcher des joueurs québecois de se qualifier. Pourtant on ne semble pas leur faire confiance. Et ce, année après année, comment ce fait-il?
Il y a définitivement une dent contre les francophones au sein de Hockey Canada. Un ancien entraîneur de la LHJMQ qui a déjà oeuvré au championnat mondial de hockey junior mentionnait que lorsqu'on est québecois on doit de tenir tranquille et ne pas faire de vagues sinon on en subira les conséquences. Joueurs comme entraîneurs. Il s'agit donc d'un problème de culture et franchement, on veut éviter les joueurs du Québec autant que possible.
On voudrait bien s'en plaindre, mais le Canada gagne. Comment dire qu'ils avaient tort. L'exemple était patent cette année avec Jonathan Bernier. Le gardien des MAINEiacs de Lewiston aurait dû être le numéro un, tout au long du tournoi. On ne lui a pas donné aucune chance lorsqu'il a éprouvé des difficultés face à la Suède en ronde préliminaire. Craig Hartsburg n'attendait et souhaitait que cette occasion, pour s'en remettre à Steve Mason. Ce dernier a terminé le tournoi avec le titre du joueur le plus utile.
Encore une fois, "Équipe Canada" s'en est sorti avec la victoire et personne ne peut dire aux dirigeants qu'ils ont pris les mauvaises décisions. Cette situation va perdurer parce que le Canada a assez de joueurs pour se permettre d'oublier le Québec et amener une équipe de premier plan au championnat mondial à tous les ans.
Est ce que Gilles Courteau, commissaire de la LHJMQ, pourrait en faire d'avantage pour promouvoir ses joueurs? On ne saurait le dire. Mais il est évident que l'ajout de joueurs québecois n'affaiblirait pas l'équipe. On voudrait bien ne pas mélanger la politique dans le sport, mais les deux sont parfois indissociables.
Pour ceux qui on vu le tournoi, cette année, on a pu constater que le Canada n'a pas toujours été excellent, mais quand vient le temps de marquer le but qui fait la différence, l'équipe canadienne s'en sort toujours. Ce jeu est encore celui du Québec et démontre bien pourquoi on parle souvent que les joueurs québecois sont essentiels aux formations professionnelles. Pour une raison difficile à expliquer, ils réussissent la plupart du temps à bien faire dans les moments opportuns.
Il faut noter que dans le match de la victoire à la finale Canada-Suède, cette année, deux des trois buts ont été marqué par des joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, Brad Marchand et Claude Giroux. C'est ainsi dire que l'or que porte les anglophones est signé en bonne partie LHJMQ.